Ma fin de semaine au Kosovo

Le 1er novembre 2012, Miss Lopez traverse la frontière de la République du Kosovo.

Depuis le temps que je voulais visiter ce nouveau pays d’Europe du Sud-est. Je m’étais arrangée avec un couchsurfer bulgare d’origine turque, de partir jeudi matin à 9 h. Donc, 8 h 55, je suis devant ma porte et j’attends, je reçois un message sur mon iPod qu’il n’arrive pas à communiquer avec moi. Je l’appelle et bien, il n’est même pas parti de chez lui. Pourtant, s’il y a bien quelque chose que je me dois de me rappeler est que la notion de temps n’est pas la même dans toutes les cultures. Je devrais le savoir, ma famille est toujours en retard. Bon, il arrive qu’une heure plus tard, je suppose qu’il y a pire dans la vie. On passe chercher James, l’Anglais, Engel, l’Autrichien et Cameron l’Australien, il paraît que je vais faire la route avec 4 hommes. Avouez qu’on est assez cool, tout ce beau monde international. De plus, on doit également aller chercher une fille à Nis, Serbie. Avec tous ses arrêts et détours, ça nous prend 13 heures pour arriver à destination. Au retour, heureusement, on a demandé à la Serbe de prendre le bus, et nous avons passé par la Macédoine. Ça nous a seulement pris 6 heures!

Le Kosovo a un statut particulier. En date d’aujourd’hui, il y a 92 pays des 192 membres des Nations Unies qui reconnaissent le Kosovo comme un pays. Vous avez une région autonome qui a déclaré son indépendance le 17 février 2008, dans un pays, la Serbie, qui ne reconnaît pas cette indépendance et le considère être encore dans son propre territoire. Vous voyez l’imbroglio que ç’a créé? Les Kosovars, d’origine albanaise ou les Kosovacs d’origine serbe, comme on les appelle selon leur ethnie, s’ils veulent voyager, doivent s’assurer que leur passeport sera reconnu. Si un Serbe se rend au Kosovo, à son retour, l’étampe du Kosovo sera barbouillée. Si un touriste rentre au Kosovo par la Macédoine ou l’Albanie et qu’il veut se rendre en Serbie par la suite, ça sera impossible aussi puisque la Serbie ne reconnaît pas la frontière. C’est tout qu’une logistique tout ça. C’est comme si le Québec déclarait son indépendance et que le Canada ne le reconnaitrait pas.

Pourquoi alors, se rendre au Kosovo, en tant que touriste? Un pays qui a été ravagé par la dernière guerre en sol européen. Plusieurs associent ce pays avec danger, pourtant, la guerre est terminée depuis plusieurs années. Je me souviens l’été dernier, lorsqu’on était dans la région, Christine et moi, on voulait visiter le Kosovo. Plusieurs garçons, ce qui m’avait étonnée d’ailleurs, avaient leurs réserves quant à ce pays. Plusieurs nous avisaient que c’était dangereux. Mettons les choses au clair, c’est vrai qu’il reste encore beaucoup de mines. Comme le soldat suisse de l’OTAN nous l’a expliqué, il faut éviter de faire des randonnées hors les sentiers battus particulièrement dans la région proche de la frontière albanaise ou du moins s’assurer d’être le dernier dans la file au cas que ça saute. Blague à part, cette région a été bombardée massivement et le territoire n’a pas été complètement déminé. Aucun danger si on reste sur les routes. Autrement, la sécurité en ville est assurée par l’OTAN. Leur présence est assez discrète. J’ai croisé la police polonaise au restaurant. Je ne suis pas attirée par les hommes en uniformes, mais mon Dieu qu’ils étaient beaux. Et il n’y avait pas qu’eux qui étaient plaisants à regarder. Les Kosovars n’ont rien à envier aux Polonais. WOW, je m’en suis mise plein la vue. Après plus d’un mois en Bulgarie, je peux dire que j’attends encore de dire ça d’un homme bulgare. Bon là, je m’écarte du sujet.

Donc, je disais que je préfère de loin visiter un pays où il y a peu de touristes. C’est plus plaisant pour plusieurs raisons :

  1. Pas de hordes de touristes pour voir les attractions de la ville;
  2. Les prix sont en général plus abordables;
  3. Les locaux sont plus plaisants;
  4. Tu n’as pas l’impression de suivre comme un mouton
  5. Une ambiance plus décontractée

Ce qu’il faut comprendre c’est que tout pays a son charme. Il n’y a peut-être pas de Statue de la Liberté ou de Tour Eiffel ou même de mer, mais il y a toujours quelque chose de magnifique. De beaux paysages, il en a partout, il suffit de savoir profiter de savoir regarder et surtout de profiter de ces moments. Les montagnes ne sont peut-être pas les plus belles du monde, mais c’est plaisant de pouvoir les admirer sans la masse de touristes. J’ai visité Prizren. Un peu particulier comme nom parce que si tu le dis vite en anglais, on dirait qu’on prononce le mot prison. Malgré les nombreuses destructions et reconstructions, la ville garde son charme. Elle a moins été dévastée par la guerre que Sarajevo. Les mosquées ne sont pas aussi majestueuses que le Taj Mahal ou Aya Sofia en Turquie, mais ça reste quand même merveilleux à voir. Le fort qui surplombe la ville aussi n’a rien à envier à Québec non plus.

Chaque année, le groupe couchsurfing des Balkan organise une longue fin de semaine dans un pays différent. Cette année, c’était au tour du Kosovo et comme je désirais depuis longtemps venir ici, je me suis dit que c’était le moment idéal de venir. L’équipe organisatrice avait réservé la seule auberge de jeunesse en ville. Quelques-uns ont dû coucher sur des matelas dans la cuisine, d’autres dans une pension toute proche. J’ai été chanceuse parce que je partageais avec l’organisatrice, donc, on avait la plus belle chambre avec une salle de bain. On était 3 filles dans la chambre, dont une Serbe et une Slovène, et James, l’anglais. Le pauvre avait déjà dû passer 13 heures avec moi dans l’auto et qu’en plus, il devait dormir à mes côtés. On était plus d’une soixantaine prête pour l’aventure.

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Plusieurs activités étaient prévues à l’agenda, entre autres, un concours de photos inusitées prise en ville (que vous pouvez voir sur Facebook), une randonnée en montagne, un souper traditionnel kosovar préparé par la grand-mère d’un couchurfer, une soirée en discothèque et plusieurs partys. J’ai vraiment eu beaucoup de plaisir. J’aime être entourée de gens comme moi qui voyage partout dans le monde et qui aime vivre dans la simplicité. Les discussions sont animées, chacun racontant leurs différentes péripéties de voyages. J’ai passé une soirée à jaser avec un Israélien qui était au courant de la grève étudiante québécoise et qui avait pratiquement fait le tour du monde aussi. J’ai passé une nuit à jaser avec le seul autre Canadien. Un Torontois qui parcourt le monde depuis plus d’un an. J’ai trouvé ça cool de pouvoir discuter avec lui, je trouve qu’on n’a pas assez l’occasion d’être en contact avec des Canadiens anglais. Cela m’a permis de réaliser qu’on a beau être québécois, qu’on est aussi canadien. Que même si on a une langue différente, l’un n’empêche pas l’autre. On partage quand même la culture du froid, la culture du hockey, la culture nord-américaine, des valeurs similaires. Que la question d’identité ne s’en tient pas seulement à une langue. Et qu’on peut et qu’on a plusieurs identités à la fois. Ainsi, je suis une femme, je suis latina, Québécoise, Canadienne, etc. Ce qui m’a le plus frappée dans tout ça, c’est qu’en passant plusieurs jours avec lui, nous semblions avoir tellement de choses en commun, les mêmes goûts, le même humour, la même façon de penser, les mêmes valeurs. Lui aussi, le sirop d’érable lui manquait. Il s’ennuyait de son jus de tomate Clamato. C’était peut-être un hasard de partager autant de choses en commun, mais je ne le crois pas. Pour Cameron, l’Australien, il était clair que nous étions tous les deux Canadiens et qu’on parlait de langues différentes à la maison tout simplement.

Lors d’une discussion entre lui et l’Israélien, il mentionnait le statut particulier du Québec. J’ai trouvé intéressante la façon qu’il l’a expliquée. En plus, ça m’a étonnée d’apprendre de sa bouche que plusieurs Anglais aimaient les idées du Bloc Québécois, et que si ce n’était pas du fait que c’était un parti séparatiste, il voterait pour eux. Je ne dis pas que c’est tous les Anglais qui partagent cette opinion. En tous cas, c’était la première fois que j’embrassais un Torontois. Pas mal du tout. Peut-être qu’il faudrait que je délaisse les Européens et que je m’intéresse un peu plus au gars des autres provinces.

J’ai vraiment passé un beau weekend. J’aime beaucoup la cuisine kosovare. Je suis allée au restaurant en plein centre-ville. J’ai commandé une assiette de viande avec des salades variées qui avait aussi le pain inclus et un coca-cola. J’ai reçu à la fin de mon repas, une assiette d’orange en tranche. Je me disais, je n’ai pas eu de menu, j’ai juste commandé comme ça, sans savoir le prix. Je demande la facture et le monsieur me dit que c’est 4 € (5 $) pardon? 4 €, en plus, il s’excuse de ne pas parler bien anglais. Ça n’avait rien à voir avec la langue, c’est juste que j’ai trouvé le prix ridiculement bas pour tout ce que j’avais consommé et surtout par la location du restaurant. Imaginez-vous d’aller manger sur une terrasse en plein Vieux-Montréal, il est plus que probable que juste la bière vous coûtera 5 $.

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Les gens sont tellement accueillants et aussitôt qu’ils vous entendent parler l’anglais, ils nous demandent d’où on vient. Ils sont tellement surpris et surtout heureux lorsqu’on dit qu’on vient du Canada. Heureux, parce que les touristes commencent à fréquenter la région, et c’est signe que les choses s’améliorent. J’en ai même un qui m’a demandé si je venais de la partie française et lorsque je lui ai dit oui, il m’a parlé en français. Il avait vécu en Suisse, et était content de pouvoir discuter en français. Par ailleurs, on oublie que la majorité de la population est musulmane, et ce, même si on entend la prière partout en ville, cinq fois par jour. Bon, dans mon cas, je l’entendais seulement 4 fois, parce que je me couchais souvent à 4 h 30 du matin, je n’entendais pas celle de 5 h. J’ai eu peu de repos, de la belle compagnie, beaucoup de fous rires, d’excellentes nourritures peu chères et surtout des gens très accueillants, voilà ce qui résume bien ma fin de semaine au Kosovo!

Je vous laisse là-dessus, et la prochaine fois que vous chercherez une destination voyage, pensez à un pays dont peu de gens entendent parler, parfois ça vaut le détour et votre budget en sera reconnaissant.

Voici quelques liens si vous voulez en savoir plus du Kosovo :

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Kosovo

 http://www.inyourpocket.com/kosovo

 https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/kv.html

C-Lo

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