Ma vie à Sofia

J’ai réalisé beaucoup de choses depuis que je suis ici. Premièrement, que l’intégration n’est pas toujours aussi évidente que l’on n’y croit! J’ai l’impression de vivre dans une vie parallèle parce que je ne comprends rien dans ce qui m’entoure. Je suis dans mon monde interne. Bien sûr, j’arrive à commander et faire des achats en bulgare, mais j’ai compris que malgré toute ma bonne volonté, je n’apprendrais pas le bulgare. Pas cette fois-ci en tous cas. C’est difficile avec le peu de temps que j’ai et le cours de langue est seulement 3 heures par semaine. La plupart des gens parlent anglais, parfois français. D’ailleurs, j’en rencontre assez régulièrement qui maitrise parfaitement notre langue. Je suis toujours étonnée. La paresse fait qu’on n’a plus vraiment envie de faire d’efforts. J’assume que c’est ce qui se passe avec les gens qui habitent à Montréal. C’est encore pire là-bas, parce que la plupart des gens sont bilingues, beaucoup plus qu’ici.

Deuxièmement, qu’une session d’échange n’est pas assez de temps pour vraiment vivre ici! Le premier mois, tu essaies de te trouver un appart, de gérer la bureaucratie. Le deuxième mois, tu commences à connaître des gens, tu es plus à l’aise à l’école, et dans la ville. Et voilà, hop, deux mois plus tard, on retourne à la maison. J’aimerais tellement ça apprendre le bulgare. J’arrive à lire, mais je ne sais pas ce que je lis. Petite frustration personnelle. Je fais rire tout le monde. Voici moi, en train de parler bulgare: Dobre Vetcher, VODKA (accent totalement anglais) molya.. traduction: Bonsoir, Vodka svp sauf qu’avec mon manque de vocabulaire, ça devient absurde.

Mes cours sont intéressants à l’Université. J’apprends beaucoup de choses sur les Balkan. Une région très problématique, car il y a beaucoup d’ethnies différentes et beaucoup de changements de frontières. La semaine dernière, un journaliste expert en terrorisme est venu nous donner un cours. Jeudi dernier, j’ai assisté à une conférence sur la mobilité des docteurs bulgare au Parlement. J’aime ma vie ici, et j’aurai bien aimé y vivre pendant un an pour bien m’imprégner de cette culture. Il fait bien de vivre à Sofia.

Bonne nouvelle, je ne vois presque plus de coquerelles, Milena a paniqué lorsqu’elle en a vu une dans la toilette. Je peux dire que finalement, je me suis faite à l’idée de vivre dans cet environnement.

Dimanche dernier, je suis allée chez Étienne, mon ami français qui étudie avec moi. Il faisait une petite soirée entre amis. Il nous a même préparé des crêpes. Il avait invité d’autres collègues de la maîtrise ainsi qu’un ami à lui et Karin, mon amie américaine.

Ce dimanche, je l’ai invité à souper chez moi puisque je devais faire une entrevue avec lui de toute façon. Je dois faire un travail sur la mobilité étudiante dans le cadre de mon cours de migrations internationales. Grâce à Stéphane qui m’a donné une recette de sauce à poutine faite maison, j’ai pu faire une bonne poutine avec du fromage Gouda gracieuseté de Karin. Un souper interculturel puisque Zoé est anglaise, Milena est bulgare, je suis Canadienne, frite bulgare et fromage hollandais. Belle soirée. Je crois que je vais instauré un dimanche interculturel hebdomadaire.

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